BIPBIP AUX AMERIQUES

Un vieux couple de retraités / une envie de découverte / un Defender 130 à l'aménagement spartiate / 2 ans ou plus de voyage au long cours aux Amériques - du Sud au Nord

XXXII - 3 - MEXIQUE - OAXACA - 24 janvier au

Publié le 3/02/2018, par rampon,

Mercredi 24 janvier – Jubitan – Concepcion Bamba

Nous gagnons tranquillement la côte pacifique extrêmement ventée, « plantée de champs d’éoliennes.

Des quartiers nouveaux immaculés se construisent dans les petites villes. Sans doute les conséquences du tremblement de terre de juillet qui a fait beaucoup de dégâts nous dit-on. Du neuf, mais toujours des problèmes d’alimentation en eau, toutes les maisons ont des réservoirs.

Nous sommes prêts de la mer invisible ; des chemins indiquent une plage ; après avoir traversé une communauté nous nous retrouvons sur une plage ; déserte pas tout à fait, nous rencontrons Cristofer (pêcheur) dans sa maisonnette bien ventilée, et Oswaldo propriétaire d’une restaurant sous palapa (toit de palme) fermé pour cause de reconstruction après séisme ;

C’est tout, exactement ce dont on rêve, loin d’une plage à la mode.

Ravissant coucher de soleil.

 

Jeudi 25 janvier - Concepcion Bamba

Lever du soleil sur la plage. Vol  harmonieux des pélicans. Petit bateau de pêche à l’horizon.
Cristofer part nous pêcher des huitres sauvages

La route côtière s’éloigne du Pacifique. La route laisse sa trace dans un paysage rocheux et forestier. Bien peu d’activité humaine. Végétation intermédiaire beaucoup d’arbres dénudés, d’autres fleuris, d’autres verdoyants.

S’annoncent alors la grande zone touristique de Huatulco, ses baies, ses plages, ses hôtels de tous ordres. La côte est superbe, rocheuse, émaillée de petites criques et de plages. Là où n’existait rien, de volonté politique est né cet aménagement très moderne, très net, très touristique, très artificiel.

Ce soir impossible de trouver le rancho recommandé par ioverlander. Il fait nuit… Pemex.

Longue soirée gastronomique, après avoir attaqué  - le mot n’est pas trop fort – les huitres ; rien à voir avec nos huitres domestiquées, elles sont puissantes, épaisses, elles ne se laissent pas avoir… fortes lames, tourne-vis, pinces coupantes… , c’est un roc qu’on attaque. Délicieuses, beaucoup moins iodées que ce que l’on connaît.

 

 

 

Vendredi 26 janvier – Pochutla – Zigotepe – Puerto Escondido

Au bout de la route, c’est Puerto Angel qui se mesure aux sites touristiques précédents, avec beaucoup plus de discrétion, et un développement plus « humanisé ». La côte est ponctuée de plages toutes plus éblouissantes les unes que les autres. Chacun peut y trouver son compte, de la petite crique discrète à la plage aux bars, restaurants, palapas…., du farniente au surf….

On nous a recommandé Zigotepe, pour sa liberté  (nudisme, drogue, musique, fête…) Sympathique, vivant, bon enfant, gai, un vrai village de vacances, où l’on parle plus anglais (US) ou français(canadien)… qu’espagnol. Autant dire que nous n’y trouvons pas vraiment nos marques. Et ce n’est pas une question d’âge, les vieux américains sont légion

Nous trouverons à Puerto Escondido la grande plage étincelante et quasi déserte, le terrain de camping primitif, les hamacs et le palapa….

Samedi 27 janvier – Puerto Escondido

Farniente, bain de mer, balade. Resto pour la wi-fi. Cà ne fonctionne pas plus qu’au camping. Et zut !

Explication : c’est à cause du vent ! On y croira, faute de meilleure approche du problème.

Dimanche 28 janvier – route 131 – Sola de Vega

Route nord en direction de la capitale. La jonction vers l’Atlantique par cette route, çà se mérite. Après la plaine côtière et les premiers contreforts encore arides, on aborde la sierra. La moyenne baisse considérablement, les tope (gendarme couché) sur la route sont toujours aussi nombreux, signalés ou non, cassants ou non – un pour protéger chaque maison en bord de route – mais la route est particulièrement en mauvais état, trous, effondrement de la chaussée non signalé, affaissement, éboulis.

Rien ne nous empêchera de trouver la route belle dans cet environnement de montagne. Les à-pic de terre rouge dégringolent dans les vallées ; pour peu que la pente soit moins forte, la forêt s’installe. Très peu d’habitations, peut-être dans la vallée dont nous n’apercevons pas le fond. Et on tourne, et on vire, et on grimpe pour mieux redescendre. 5 heures pour 160 km.

A Sola de Vega il est temps de s’arrêter. Parking  tout à fait tranquille en bord de rivière à l’entrée de la ville. Nous sommes seuls.

art moderne

Lundi 29 janvier – Oaxaca

Plus que quelques km avant la capitale. Nous sommes sur un plateau assez aride, la sierra à l’horizon. On pense un peu à notre midi.

A Oaxaca…McDonald’s, pour un besoin urgent d’internet. Malgré un signal puissant, çà passe très mal, çà coupe, on y passe 3 heures sans s’en rendre compte, tout en discutant avec nos voisins (qui viennent pour le plaisir).

Courses, on se résigne à acheter un petit appareil photo de poche, pas aussi performant que nos le souhaiterions, mais depuis le temps que nous cherchions !

Nuit sur le parking, on ira peut-être au cinéma.

qui peut mettre un nom sur les curieuses plantes dorées qui envahissent cet arbre  ?

sur le parking

Mardi 30 janvier – Oaxaca

Aujourd’hui, le fond de l’air est vif à cette altitude, vent fort, et froid de canard malgré le soleil.

Charmante ville d’Oaxaca ; son très joli centre colonial, coloré, entretenu et animé, s’enorgueillit du couvent de Santo Domingo, énorme, puissant quadrilatère de pierres. Il en impose, il s’impose… sans doute le but recherché ; aussi une allure de forteresse peut-être est-ce pourquoi il fut transformé en caserne après la révolution qui voulut un temps ignorer les religions.

Aujourd’hui, plus de trace des maltraitances, le couvent a retrouvé ses splendeurs ; ce qui n’a pu être atteint, ce sont les proportions harmonieuses et imposantes de lieux : du cloître à arcades superposées aux hauts et longs couloirs voutés ouvrant sur les perspectives de la ville et des montagnes environnantes.

L’église resplendit de ses décors dorés, toutes les parois, les voutes, les colonnes sont sculptées, dorées, colorées… une fête. Mais on ne sait plus lire toutes ces images du symbolisme chrétien Le porche remarquable présente l’arbre généalogique prolifique de Santo Domingo (pas très loin des arbres de vie maya que l’on a pu voir).

Les cellules des moines ont été aménagées en  musée historique d’Oaxaca plein d’intérêt et d’enseignement ; belle présentation.                                                       

Une journée de luxe citadin, si on ignore les faubourgs pentus aux rues étroites, sinueuse, et défoncées dans lesquels le GPS nous a fourvoyés pour rejoindre le bivouac d’hier. Il faut de tout pour faire un monde.

les ors

et l'équilibre architectural

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

         

      

En harmonie, sur décor dominicain, une oEuvre de l'artiste Sergio Hernandez

les oeuvres  de Hernandez d'inspiration zapotèque.

 

Mercredi 31 janvier – Santa Maria del Tule

Cette journée fut plus riche qu’on ne l’avait imaginée. Nous pensions nous intéresser au site Zapotèque de Monte Alban ;  à ne pas confondre avec les Mayas même si faute de culture, les différences ne nous sont pas si patentes.

Aujourd’hui pas de vent, visite du site au soleil, température agréable.

Le site d’abord, idéal en haut d’une montagne arasée naturellement sur lequel s’imposent les constructions massives, énormes. Impression puissante. Il ne reste de cet ensemble majestueux que les bases pyramidales toutes traces des temples  ont disparu hormis quelques grosses colonnes.

On retrouve les traces des glacis des murs empreints des tracés de figures évoquant l’histoire, et aussi les plus remarquables bas reliefs des danseurs (mais en sont-ils, il y a controverse)

Le musée offre le plaisir de décrypter un certain nombre d’éléments compréhensibles des sculptures.

Si on veut connaître l’artisanat vivant de la région, il faut diriger ses pas vers  Mitla. Ce soir nous nous arrêterons à Santa Maria del Tule de renommée mondiale pour son arbre le plus âgé du monde, plus de 2000 ans. Sa frondaison domine la jolie église de Tule.

L’harmonieuse place  est décorée de guirlandes aux couleurs de Marie (bleu et blanc), on va fêter la candelaria (chandeleur). Raoul (policier) nous invite à ne pas « rater » la fête ce soir. Femmes en costume traditionnel de différents villages,  défilé dans les rues au son de deux groupes, partage des boissons traditionnelles à base de maïs et chocolat, et bien sûr le mezcal, la spécialité locale. On termine à l’Eglise.

Nous ne raterons rien demain, nous dormons derrière l’église près d’un arbre millénaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 1er février – Santa Maria del Tule

Réveil au son de la musique d’un groupe qui bientôt part éveiller tout le village, sous la houlette du  jovial et bavard Président  du Comité des Fêtes rencontré hier soir.

On part, on ne part pas ? On reste pour retrouver Pierre et Leila (Antibes) et Fabrice et Paulette (canadiens) à l’Oasis Campground et s’installer confortablement. Et ce soir spectacle pyrotechnique… spectaculaire. D’abord les « toros de fuego », taureau, silhouette féminine, dindon, oiseau, portant des feux de bengale ; au son de l’orchestre les danseurs animent le spectacle des lumières… Ensuite la tour des feux s’illumine d’un feu d’artifice digne d’une capitale. La chandeleur est bien fêtée !

Belle soirée !

Vendredi 2 février – Santa Maria del Tule

Journée farniente et fin de journée festive.

Nos « amis » Abel et Raoul nous ont vivement invités à la soirée sur la place ; rendez-vous à 16 heures. Cà ne commencera qu’à17 heures, et ce sera long, long…. Un défilé sort de l’Eglise portant l’image de la vierge.

Pour mémoire, vous vous rappelez ce qu’est la Chandeleur ? La présentation de Jésus au Temple par Marie, où il reçoit la Lumière. Auparavant ce fut une fête païenne, un peu plus de jour chaque jour ! La fête d’aujourd’hui joue un peu sur les deux registres.

Long défilé de tous les quartiers, de toutes les associations… apportant des paniers chargés de victuailles présentés à la vierge et aux habitants réunis. Chaque communauté est saluée par une petite salve musicale de l’orchestre. Deux heures plus tard, un couple âgé commence à danser pendant que toutes les douceurs et boissons sont distribués.


Nous en profitons pour un petit tour au restaurant, avant de déguster une crêpe tout à fait bretonne. La tradition est sauve, il nous manquait le louis d’or dans la main.

Nous ne résistons pas et nous joignons aux danseurs sur la place, tout en dégustant le mezcal généreusement offert, peut-être avec l’idée de nous faire perdre un peu la raison et s’amuser à nos dépens. Ca ne marchera pas, nous rentrons sagement, tandis que l’assistance devient plus clairsemée.

en l'honneur de la patronne de Tule

la procession

                             

                                                   les offrandes seront partagées

 

les anciens ouvrent le bal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 3 février – Teotitlan - Mitla.

Les villages alentour placent leur avenir dans l’artisanat, chacun dans sa spécialité, qui le tissage, qui la céramique, qui le mezcal….

Le site maya de Mitla a terminé son occupation sous domination des mixtèques succédant aux zapotèques. Ca ne vous dit rien ? Nous pas grand-chose, l’éternelle histoire, d’un peuple en soumettant un autre et imposant une évolution culturelle. On est ici dans une zone d’habitat – de luxe – plusieurs palais autour de leur patio. Longues pièces organisées autour du patio éclairées par la seule porte, décorées de mosaïques de pierre. Ne pas imaginer de petits tessons cimentés  sur les murs, ce sont des pierres taillées encastrées les unes dans les autres dans l’épaisseur pouvant atteindre 30 cm pour former le motif. Les pièces sont entièrement décorées et les raccords parfaitement calculés, un travail parfait…

Les toits pouvaient être soutenus par d’énormes colonnes de pierre (rarement vues sur d’autres sites)

Toujours l’histoire humaine…les murs de l’Eglise portent témoignage de l’utilisation des pierres des   temples  ou palais anciens.

Nuit Pemex,  reçus par Yolanda

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 4 février 2018 – Tlacolula –  Oaxaca - ruta norte 175 – San Juan Luvina

Yolanda nous souhaite bonne route en nous offrant un cake, invités et un cadeau… le rêve du voyageur. Je lui offre mon stylo porteur d’une publicité bien française.

Avant de rejoindre Oaxaca, nous faisons halte au célèbre marché du dimanche de Tlacolula. C’aurait été dommage de le rater ; un vrai marché régional, tous les produits agricoles, toutes les productions artisanales, tous les costumes régionaux se côtoient. On achète la viande, immédiatement cuite sur les braséros, les spécialistes préparent la boisson locale le tejate à base de maïs et chocolat, l’herboriste vous soigne à moindre coût… On repart les bras chargés de produits frais.

Un petit tout au supermarché un peu plus loin (pour le pain français ou presque) et nous partons vers les sommets de la sierra Juarez, à petite vitesse par une route sinueuse et accidentée. La chaussée est étonnement bonne, une surprise, et les paysages forestiers superbes, émaillés de villages offrant tous les agréments d’un tourisme au naturel.

Les fougères arborescentes s’épanouissent à l’aise, certes pas comme aux temps préhistoriques, mais tout de même vaillamment jusqu’à 6/7 mètres. Les épineux se mélangent aux autres espèces parfois en fleur à cette époque. L’habitat se fait rare, seulement quelques comedors (restaurants) simples pour les voyageurs mais surtout les forestiers locaux. El « LLano de la flores » (la plaine des fleurs) grand pré dans la montagne surprend le voyageur qui se retrouve tout aussitôt environné d’une forêt épaisse.

Ce soir il fait frais, à la nuit pas plus de 12°. Nous sommes sur un grand terre-plein à côté d’un comedor.

on échange les derniers potins avec les amies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tous les ingrédients du tejate

et la mise en oeuvre    

 cacao ?

ou café  ?

    vente en direct

 

   

   

herboriste bien achalandéla presse à tortillas 

le forgeron

 

 

 

 

 

 

 

 

bien utiles au quotidien

 

les calabasses en gaité

ou plus précieusement gravées

 

Lundi 5 février 2018 – Ruta 145 – San Juan Bautiste Tuxtepec – Tierre Blanca

Un froid soleil illumine la forêt. On monte allègrement jusqu’à 3000 m,, on redescend, on remonte, avant de définitivement atteindre la plaine. La température remonte sensiblement, la végétation change totalement, réapparaissent palmiers, bananiers, canne à sucre, manguiers, étals de fruits au bord des routes…… Nous avons quitté l’influence pacifique pour l’influence atlantique.

Nuit Pemex, très bavarde avec Gregorio puis tout  le personnel et toutes les chauffeurs routiers, on parle indifféremment, régionalisme, culture, gastronomie, famille…. 

la sierra Juarez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l'ombrelle élégante da la fougère arborescente

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

accueil souriant de Gregorio

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Ajouter un commentaire

La carte des lieux visités


Mes albums photos

Liens à voir

Archives

Mes amis

Derniers articles

Recevoir les actus du blog